Boire dans une gourde en cuivre est-il dangereux ? La question est légitime, et elle mérite mieux qu’une promesse ou qu’un démenti. Cette page sépare volontairement trois niveaux de réponse : ce que disent les autorités sanitaires sur le cuivre dans l’eau de boisson, ce que ces connaissances signifient, et ne signifient pas, pour un récipient en cuivre, et ce que nous pouvons documenter sur les gourdes que nous vendons en tant qu’herboristerie en ligne.
Cette question, nous nous la faisons poser régulièrement au comptoir de l’herboristerie, presque toujours avec le même fonds de mémoire : les casseroles de nos grands-mères, les vieilles tuyauteries, le vert-de-gris.
Trois chiffres résument l’état des connaissances. La valeur guide de l’Organisation mondiale de la santé pour le cuivre dans l’eau de boisson est de 2 mg par litre [1]. Dans l’étude de Sudha et al. (2012), l’eau stockée 16 heures dans des pots en cuivre contenait en moyenne 0,177 mg de cuivre par litre [3]. Dans l’étude d’Araya et al. (2003), des nausées significativement plus fréquentes sont apparues à partir de 6 mg de cuivre par litre chez des femmes adultes volontaires en bonne santé, et aucun effet significatif n’a été observé à 4 mg par litre pour une prise de 200 ml [2].
La concentration mesurée dans l’étude de Sudha et al. est nettement inférieure aux concentrations auxquelles l’étude d’Araya et al. a observé des nausées lors d’une exposition aiguë contrôlée. Cette comparaison ne permet toutefois pas de conclure à une sécurité universelle de la pratique : les deux études portaient sur des récipients, des populations et des conditions différents, et non sur une pratique commerciale donnée. Les règles d’usage comptent, certaines situations appellent un avis médical, et cette page détaille les deux.
Ce que disent les autorités sanitaires
Quelle est la valeur guide de l’OMS pour le cuivre dans l’eau de boisson ?
La valeur guide de l’OMS pour le cuivre dans l’eau de boisson est de 2 mg par litre (2 000 microgrammes par litre) [1]. Cette valeur guide vise à protéger contre les effets gastro-intestinaux aigus du cuivre les populations ayant une homéostasie normale du cuivre. L’OMS précise que le cuivre présent dans l’eau de boisson provient le plus souvent de la corrosion des canalisations en cuivre, avec des concentrations mesurées allant de moins de 0,005 mg à plus de 30 mg par litre selon les installations. L’OMS note également que les nourrissons peuvent être plus exposés lorsque l’eau stagne dans des canalisations en cuivre, notamment pour la préparation des biberons.
Un point compte pour la suite : la valeur guide de 2 mg par litre concerne la qualité de l’eau de boisson en général, canalisations comprises ; elle n’est pas une limite de relargage d’un récipient.
Une valeur guide de l’OMS n’est ni une dose recommandée d’eau cuivrée, ni une validation d’une pratique particulière.
À partir de quelle concentration le cuivre provoque-t-il des troubles digestifs ?
L’étude de référence sur la question est un essai contrôlé en double aveugle mené sur quatre sites internationaux auprès de 269 femmes adultes en bonne santé (Araya et al., Regulatory Toxicology and Pharmacology, 2003) [2]. Les participantes ont consommé des eaux chargées en cuivre à doses et volumes variables.
- La dose sans effet observé (NOAEL aigu) est de 0,8 mg de cuivre par prise, soit 4 mg par litre pour une prise de 200 ml.
- Des nausées significativement plus fréquentes sont apparues dès 1,2 mg par prise, soit 6 mg par litre, généralement dans les quinze premières minutes.
- Un volume d’eau plus grand réduisait les nausées ; une dose de cuivre plus élevée les augmentait.
Ces résultats concernent des femmes adultes en bonne santé dans une exposition aiguë contrôlée. Ils ne permettent pas d’extrapoler directement à tous les âges ni aux personnes présentant un trouble du métabolisme du cuivre, pour lesquelles l’OMS relève des incertitudes sur les effets à long terme.
Qu’est-ce que la maladie de Wilson ?
La maladie de Wilson est une maladie génétique rare dans laquelle l’organisme n’élimine pas correctement le cuivre, qui s’accumule alors notamment dans le foie. La maladie de Wilson n’est pas causée par un récipient en cuivre. Les personnes atteintes de la maladie de Wilson font l’objet d’un suivi médical spécifique, et toute question concernant leur exposition au cuivre doit être discutée avec leur médecin.
Le cuivre est-il cancérigène ?
La valeur guide de l’OMS pour le cuivre dans l’eau de boisson repose sur les effets gastro-intestinaux aigus liés à la concentration, et non sur un risque cancérogène [1]. Une absence de classification cancérogène ne signifie toutefois pas qu’un risque nul soit démontré : une absence de classification n’est pas une preuve de sécurité. Les données et classifications citées sur cette page ne permettent pas de conclure qu’un risque cancérogène nul est établi ; la question pertinente pour l’eau de boisson reste celle de l’exposition au cuivre et de ses effets documentés à certaines concentrations.
Le cuivre est-il un oligo-élément essentiel ?
Oui. Le cuivre est un oligo-élément essentiel : l’organisme en a besoin en petite quantité pour plusieurs fonctions physiologiques normales. L’EFSA propose un apport adéquat en cuivre de 1,6 mg par jour pour les hommes adultes et de 1,3 mg par jour pour les femmes adultes [6]. L’essentiel de cet apport provient de l’alimentation courante : foie, fruits secs, cacao, céréales complètes. Ces repères concernent l’apport alimentaire total en cuivre, pas une dose d’eau cuivrée.
Pour le cadre de sécurité, l’EFSA a fixé en 2023 une dose journalière admissible de 0,07 mg de cuivre par kilogramme de poids corporel, soit environ 5 mg par jour pour un adulte de 70 kg, pour le cuivre apporté par l’ensemble des sources alimentaires [7]. À titre de comparaison : un verre de 200 à 250 ml à la concentration mesurée dans l’étude de Sudha et al. (0,177 mg par litre) apporte environ 0,035 à 0,044 mg de cuivre, soit moins de 1 % de cette dose journalière admissible. Ce calcul ne représente ni la teneur de nos gourdes ni l’exposition réelle d’un consommateur : il illustre l’ordre de grandeur d’une exposition dans une étude.
L’ADI de l’EFSA n’est pas une dose recommandée d’eau stockée dans une gourde en cuivre.
Ce que cela signifie, et ne signifie pas, pour un récipient en cuivre
Combien de cuivre passe dans l’eau pendant la nuit ?
| Source | Ce qui a été étudié | Ce qui a été mesuré | Résultat |
|---|---|---|---|
| OMS, 2026 [1] | Eau de boisson en général | Valeur guide | 2 mg/l |
| Sudha et al., 2012 [3] | Pots en cuivre, 16 heures, température ambiante | Cuivre libéré | 177 ± 16 µg/l (≈ 0,18 mg/l) |
| Manne et al., 2022 [4] | Récipients en cuivre de 1 L, eau du robinet, pH moyen 7,07 | Cuivre libéré à 12 h / 168 h | 0,327 mg/l / ≈ 0,81 mg/l |
| Araya et al., 2003 [2] | 269 femmes adultes, essai contrôlé en double aveugle | Nausées / aucun effet observé | Dès 6 mg/l (1,2 mg par prise) / 4 mg/l à 200 ml (0,8 mg par prise) |
Le transfert de cuivre vers l’eau dépend des conditions de contact. La durée est clairement déterminante dans les études citées ici ; l’acidité et la température sont également reconnues comme des facteurs pouvant favoriser la mise en solution du cuivre. Dans l’expérience de Manne et al. (Applied Water Science, 2022), réalisée avec des récipients en cuivre d’un litre et une eau initialement proche de la neutralité (pH moyen 7,07), la concentration augmentait régulièrement avec le temps de stockage : environ 0,327 mg par litre après 12 heures, et environ 0,81 mg par litre après 168 heures, en restant sous la valeur guide de l’OMS [4]. Les règles d’usage traditionnelles (eau plate uniquement, une nuit de repos, un verre le matin) sont aussi des règles de maîtrise du transfert.
Une remarque s’impose sur ces chiffres : l’étude de Sudha et al. mesure 0,177 mg par litre à 16 heures, l’étude de Manne et al. mesure 0,327 mg par litre à 12 heures. Deux études, deux récipients, des résultats différents à durée voisine.
Une étude sur un récipient ne caractérise pas automatiquement toutes les gourdes en cuivre.
C’est exactement pourquoi une concentration mesurée dans une étude ne se transpose pas automatiquement à toutes les gourdes en cuivre, et pourquoi la documentation d’un récipient précis importe autant que sa composition annoncée.
Le cuivre purifie-t-il l’eau ?
Non. Un récipient en cuivre ne rend pas potable une eau contaminée, et l’eau cuivrée ne doit jamais être utilisée comme moyen de traitement d’une eau douteuse. Une activité antibactérienne observée en laboratoire n’est pas une méthode générale de potabilisation.
Ce qui est documenté est plus précis et plus modeste : un effet antibactérien de contact, dans des conditions expérimentales. Dans l’étude de Sudha et al. (2012), six bactéries diarrhéogènes (Vibrio cholerae, Shigella flexneri, Escherichia coli entérotoxigénique et entéropathogène, Salmonella Typhi et Paratyphi A) n’étaient plus détectables après 16 heures dans les pots en cuivre, alors que les mêmes bactéries survivaient dans les bouteilles en verre servant de témoin [3]. Une étude in vitro complémentaire (Cervantes et al., 2013) a montré une chute de plus de 100 000 à 0 unités formant colonie par millilitre en moins de deux heures dans des contenants en cuivre, contre une survie prolongée dans le verre et le PVC [5]. Ces résultats décrivent un effet antibactérien du cuivre au contact, en laboratoire, sur les souches testées. En randonnée ou en voyage, utilisez une eau déjà potable ou un traitement d’eau adapté.
Vert-de-gris et oxydation : faut-il s’inquiéter ?
Le vert-de-gris, ce ternissement verdâtre du cuivre, inquiète à juste titre quand on le découvre sur une canalisation ou au fond d’un récipient. Le cuivre non revêtu peut naturellement se ternir ou présenter des traces d’oxydation au fil du temps. L’aspect de la surface ne permet toutefois pas, à lui seul, de déterminer la composition du métal ni de confirmer l’absence de revêtement. Pour nettoyer : le citron peut être utilisé ponctuellement comme agent de nettoyage, puis rincé abondamment à l’eau claire.
Sur le plan pratique, par prudence, nous recommandons d’interrompre l’utilisation et de vérifier l’état du récipient en cas de dépôt épais ou poudreux, de coloration importante ou de goût métallique persistant après nettoyage.
Sur les forums de santé, la même inquiétude revient depuis des années, parfois mot pour mot : un fil s’intitule « vert-de-gris cuivre = poison ? » Au comptoir, c’est la question cuivre la plus fréquente, et la réponse tient en une phrase : un ternissement n’est pas un diagnostic, c’est une surface à nettoyer.



Pourquoi pas de citron, pas de jus, pas de boissons chaudes ?
Cette règle relève de la compatibilité du matériau, pas de la tradition. Les liquides acides (citron, jus de fruits, vinaigre, boissons gazeuses) favorisent la mise en solution du cuivre, et la chaleur fait de même. La distinction à retenir est celle-ci : le citron peut servir à nettoyer, ponctuellement, puis être rincé ; une boisson acide ne doit pas être laissée en contact prolongé avec le cuivre. Pour les gourdes concernées par cette page, nous recommandons de les réserver à l’eau plate à température ambiante, conformément aux précautions d’emploi du fabricant.
Ce que ces données ne permettent pas de conclure
Quatre bornes, énoncées une fois pour toutes.
Une étude sur un récipient ne caractérise pas automatiquement toutes les gourdes en cuivre.
Un certificat de composition ne remplace pas une documentation sur les conditions d’utilisation.
Une tradition ayurvédique n’est pas, par elle-même, une preuve clinique.
Une activité antibactérienne observée en laboratoire n’est pas une méthode générale de potabilisation.
Une conséquence pratique suit directement : le simple fait qu’une eau ait séjourné dans un matériau contenant du cuivre ne permet pas d’estimer sa teneur finale en cuivre sans mesure. C’est vrai pour une canalisation, et c’est vrai pour une gourde. C’est aussi la raison pour laquelle la documentation d’un récipient compte autant que sa composition annoncée.
Ce qui est propre à nos gourdes
Comment vérifier qu’une gourde est vraiment en cuivre ?
Deux niveaux : des indices de première vérification, puis la preuve documentaire.

| Indice | Ce qu’il peut suggérer | Ce qu’il ne prouve pas |
|---|---|---|
| L’aimant n’adhère pas | Présence possible de cuivre, ou d’un autre métal non ferromagnétique | La pureté : d’autres métaux ne sont pas magnétiques non plus |
| L’aimant adhère fortement | Présence possible d’un métal ferromagnétique sous ou à la place du cuivre | La construction exacte du récipient |
| L’aspect de l’intérieur | Surface nue ou non, état général | La composition du métal ni la présence d’un revêtement |
| La documentation (déclaration, certificat, analyse de lot) | Une composition annoncée et tracée | Ne remplace pas une documentation des conditions d’utilisation |
La preuve, c’est la documentation. « 99,9 % cuivre » écrit sur une fiche commerciale est une annonce. Lorsque la composition est déterminante, la documentation technique et, lorsque disponible, une analyse de laboratoire traçable au produit ou au lot apportent une vérification bien plus solide qu’une mention commerciale. Nous demandons cette documentation au fabricant afin de pouvoir vérifier la composition annoncée et les conditions d’utilisation du produit. Sans documentation traçable, l’acheteur doit essentiellement s’en remettre à la déclaration commerciale.
Une distinction complète le tableau : la composition du métal et la quantité de cuivre qui passe dans l’eau sont deux questions différentes. La première relève de l’analyse du matériau ; la seconde dépend des conditions de contact et se vérifie par une mesure de migration ou de relargage.
Une teneur annoncée en cuivre ne suffit pas, à elle seule, à établir la conformité d’un produit à une utilisation donnée au contact de l’eau.
Que publions-nous sur nos gourdes ?
Le fabricant décrit nos gourdes comme composées de cuivre à 99,9 %, sans doublure intérieure ni placage. Nous avons fait vérifier la composition du matériau par un laboratoire accrédité (ISO/IEC 17025) : l’analyse, menée en août 2026 sur un échantillon du matériau (rapport RTCL-40541), mesure 99,52 % de cuivre, 0,47 % de zinc, 0,006 % de plomb et un cadmium inférieur au seuil de détection. Nous publions donc ces gourdes comme étant en cuivre massif, composition vérifiée en laboratoire : 99,52 % de cuivre (rapport RTCL-40541, août 2026). L’écart entre les deux chiffres est celui qui sépare une revendication commerciale d’une mesure sur échantillon : nous retenons la mesure. Une analyse indépendante liée au lot suivra si elle est disponible. Nos gourdes sont fabriquées en Inde et expédiées depuis la France.

Pour un contenant destiné à entrer en contact avec une boisson, le cadre applicable aux matériaux au contact des denrées alimentaires impose notamment que le transfert de substances vers la boisson ne présente pas de danger et respecte les conditions normales ou prévisibles d’utilisation (règlement (CE) n° 1935/2004) : la documentation du fabricant doit être examinée en fonction de l’usage réel du produit [8]. Nos publications suivront trois statuts, affichés tels quels : déclaré par le fabricant, documenté, vérifié indépendamment (au sens de cette page : un document émanant d’un tiers indépendant, traçable à l’échantillon et à la méthode).
Les règles d’usage
Combien de temps laisser l’eau reposer, et combien en boire ?
Trois niveaux de réponse, étiquetés pour rester honnêtes.
| Niveau | Repère |
|---|---|
| Ce que dit la tradition | Dans la pratique ayurvédique appelée tamra jal, on remplit le récipient le soir, on laisse l’eau reposer plusieurs heures pendant la nuit, on transvase l’eau dans un verre et on la boit au réveil, à jeun : un verre, pas toute la journée. |
| Ce que montrent les études | Les études mesurent des concentrations, pas des rituels. Elles permettent de comparer la concentration observée dans l’étude de Sudha et al. (0,177 mg par litre après 16 heures) et les concentrations associées aux nausées dans l’étude d’Araya et al. (à partir de 6 mg par litre), sans établir pour autant une dose optimale d’eau cuivrée ni aucun bienfait de la pratique. La fenêtre exacte de repos n’est pas un paramètre validé par une étude. |
| Ce que nous recommandons | Un verre, environ 200 à 250 ml, le matin à jeun ; jamais de consommation continue sur la journée. De l’eau plate uniquement, et un récipient transvasé après le repos. Une règle de prudence commerciale et d’usage que nous avons choisie, pas une dose scientifiquement établie. |
Cette règle ne résulte pas d’un calcul à partir de l’ADI : elle vise à éviter qu’une pratique pensée comme une prise ponctuelle ne devienne une consommation continue de boissons ayant été en contact avec le cuivre.
C’est, au mot près, ce que nous répondons à chaque client qui repart avec une gourde : un verre, environ 200 à 250 ml, le matin à jeun ; jamais de consommation continue sur la journée.


Qui devrait demander un avis avant d’utiliser une gourde en cuivre ?
| Situation | Pourquoi | Quoi faire |
|---|---|---|
| Grossesse, allaitement | Aucune dose spécifique d’eau cuivrée n’est établie par les études citées ici ; l’exposition varie selon le matériau et les conditions de contact | Demandez l’avis d’un professionnel de santé avant une utilisation régulière |
| Enfants | Pas de données spécifiques sur l’eau stockée dans ces gourdes | Notre recommandation : choisir une gourde conçue et documentée pour cet usage |
| Maladie de Wilson, trouble du métabolisme du cuivre | L’organisme n’élimine pas correctement le cuivre | Avis médical avant tout usage |
| Maladie ou traitement suivi susceptible de modifier l’exposition au cuivre | Prudence | Avis du professionnel de santé |
Pour nos produits, nous avons choisi de ne pas recommander l’utilisation chez l’enfant, faute de données spécifiques sur l’eau stockée dans ces gourdes et sur les conditions d’exposition propres à leur usage : pour un enfant, choisissez une gourde conçue et documentée pour cet usage. Il s’agit de notre politique d’usage, et non d’une conclusion générale sur le cuivre chez l’enfant.
En pratique, au comptoir, quand une grossesse, un traitement en cours ou une maladie connue entre dans la conversation, notre réponse ne change jamais : dans ces situations, c’est un avis médical qui doit répondre, pas un vendeur.
Une gourde en cuivre n’est pas un dispositif médical et ne traite rien.
Cuivre et zinc : faut-il s’inquiéter de l’interaction ?
Un apport élevé et prolongé en cuivre peut entrer en compétition avec l’absorption du zinc, et réciproquement : cette interaction est documentée au niveau nutritionnel. La pertinence pratique de cette interaction pour un verre d’eau provenant d’une gourde donnée n’est pas établie par les études citées ici. Si vous prenez des compléments de zinc ou de cuivre, ou si vous envisagez une cure, parlez-en à un professionnel de santé plutôt que de combiner vous-même : les associations lues sur les forums ne remplacent pas un avis adapté à votre situation.
Est-ce dangereux de boire de l’eau cuivrée tous les jours ?
Le risque dépend notamment de la concentration, de la quantité ingérée, de la durée d’exposition et de la situation individuelle. Dans l’étude de Sudha et al., la concentration mesurée après 16 heures était environ onze fois inférieure à la valeur guide de l’OMS ; cette mesure ne doit pas être transposée automatiquement à toutes les gourdes en cuivre. Un verre le matin et une gourde sirotée du matin au soir ne décrivent pas la même exposition : c’est la deuxième que les règles d’usage écartent.
Une gourde en cuivre convient-elle aux enfants ?
Non, pour nos produits. Nous avons choisi de ne pas recommander l’utilisation de nos gourdes en cuivre chez l’enfant, faute de données spécifiques : pour un enfant, choisissez une gourde conçue et documentée pour cet usage. Il s’agit de notre politique d’usage, et non d’une conclusion générale sur le cuivre chez l’enfant.
Combien de temps peut-on garder l’eau dans la gourde ?
La tradition décrit un repos de plusieurs heures, souvent une nuit ; l’étude de Sudha et al. a étudié un stockage de 16 heures. Notre règle d’usage : ne conservez pas l’eau plusieurs jours, le transfert de cuivre augmente avec la durée et l’eau stagne. Au réveil, transvasez dans un verre et buvez.
Pourquoi mon eau a un goût métallique ?
Un goût métallique peut être lié au contact de l’eau avec le cuivre, mais il ne permet pas à lui seul de déterminer la quantité de cuivre dissoute ni l’état exact de la surface. Un goût fort ou persistant après nettoyage justifie l’arrêt de l’utilisation et une vérification du récipient.
Faut-il préparer la gourde avant la première utilisation ?
Lavez la gourde selon les instructions de préparation fournies avec le produit. À défaut d’instructions, lavez-la à l’eau tiède savonneuse et rincez-la soigneusement avant la première utilisation.
Puis-je boire de l’eau cuivrée si je prends des compléments alimentaires ?
Si vous prenez une supplémentation régulière, en zinc en particulier, demandez l’avis d’un professionnel de santé avant un usage quotidien d’eau cuivrée. Les études citées sur cette page ne couvrent pas les combinaisons de sources.
Peut-on mettre une gourde en cuivre au lave-vaisselle ?
La règle applicable à votre modèle est celle de sa notice d’entretien. Pour nos gourdes, nous déconseillons le lave-vaisselle : les détergents et la chaleur agressent la surface. Un rinçage à l’eau après chaque usage et un nettoyage ponctuel au citron et au sel, bien rincé, suffisent.
Une question que cette page ne répond pas ?
Écrivez-nous : si la question revient, elle aura sa place ici. C’est aussi ça, une herboristerie.
Nos récipients en cuivre : la gourde ayurvédique · le gobelet en cuivre · toute la vaisselle en cuivre
À retenir
- Valeur guide de l’OMS pour le cuivre dans l’eau de boisson : 2 mg par litre. C’est une valeur guide, pas une dose recommandée d’eau cuivrée.
- Concentrations mesurées dans des récipients en cuivre : 0,177 mg/litre après 16 heures (Sudha et al., 2012) ; 0,327 mg/litre après 12 heures et environ 0,81 mg/litre après 168 heures (Manne et al., 2022). La teneur dépend du récipient et de la durée : une étude ne caractérise pas votre gourde.
- Premiers effets digestifs chez l’adulte sain : nausées à partir de 6 mg par litre ; aucun effet observé à 4 mg par litre pour une prise de 200 ml (Araya et al., 2003).
- Ordre de grandeur d’une exposition : à la concentration de 0,177 mg/litre mesurée par Sudha et al., 200 à 250 ml d’eau contiennent environ 0,035 à 0,044 mg de cuivre, soit moins de 1 % de la dose journalière admissible d’environ 5 mg fixée par l’EFSA pour un adulte de 70 kg. Cette comparaison illustre l’ordre de grandeur d’une exposition dans cette étude ; elle ne caractérise pas une gourde particulière.
- Notre recommandation d’usage : un verre (200 à 250 ml) le matin à jeun, eau plate uniquement, jamais de consommation continue sur la journée. C’est une règle de prudence que nous avons choisie, pas une dose scientifiquement établie.
- Avis d’un professionnel de santé avant usage : grossesse, allaitement, enfants, maladie de Wilson ou trouble du métabolisme du cuivre, maladie ou traitement suivi.
Un récipient en cuivre ne rend pas potable une eau contaminée. La composition du matériau de nos gourdes est vérifiée par un laboratoire accrédité : 99,52 % de cuivre mesurés (rapport RTCL-40541, août 2026) ; une analyse liée au lot suivra si elle est disponible.
Sources
- >Organisation mondiale de la santé, Guidelines for drinking-water quality, 4e édition intégrant les premier, deuxième et troisième addenda (2026), fiche chimique cuivre. Valeur guide : 2 mg/litre.
- >Araya M. et al., « Confirmation of an acute no-observed-adverse-effect and low-observed-adverse-effect level for copper in bottled drinking water in a multi-site international study », Regulatory Toxicology and Pharmacology, 2003. NOAEL aigu : 0,8 mg/prise (4 mg/litre à 200 ml) ; LOAEL : 1,2 mg/prise (6 mg/litre). Note : certaines synthèses citent 2/4 mg/l pour le cuivre ; ces valeurs proviennent d’autres essais du même groupe (exposition de deux mois), pas de cet essai aigu.
- >Sudha V.B. et al., « Storing drinking-water in copper pots kills contaminating diarrhoeagenic bacteria », Journal of Health, Population and Nutrition, 2012;30(1):17-21. Cuivre libéré après 16 heures : 177 ± 16 µg/litre.
- >Manne R. et al., « Water quality and risk assessment of copper content in drinking water stored in copper container », Applied Water Science, 2022;12:27. Cuivre libéré : 0,327 mg/litre à 12 h ; environ 0,81 mg/litre à 168 h (le texte de l’article indique 0,813 et son résumé 0,823 mg/litre pour ce même prélèvement ; nous retenons l’arrondi).
- >Cervantes H.I. et al., « Antimicrobial activity of copper against organisms in aqueous solution », American Journal of Infection Control, 2013. Réduction bactérienne de plus de 100 000 à 0 UFC/ml en moins de 2 heures.
- >EFSA, Scientific Opinion on Dietary Reference Values for copper, EFSA Journal, 2015. Apports adéquats : 1,6 mg/jour (hommes adultes), 1,3 mg/jour (femmes adultes).
- >EFSA, Scientific Committee, Re-evaluation of the existing health-based guidance values for copper and exposure assessment from all sources, EFSA Journal, 2023;21(11):7728. ADI : 0,07 mg/kg pc/jour, environ 5 mg/jour pour 70 kg.
- >Règlement (CE) n° 1935/2004 ; DGCCRF, « Matériaux au contact des denrées alimentaires » (fiche professionnelle, 2026). Repère connexe : arrêté du 25 juin 2020 et décret n° 2026-80 du 11 février 2026 (installations d’eau destinée à la consommation humaine).